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TÉMOIGNAGE DE FERNAND SAINT-LOUIS

Je suis né à Trois-Rivières en 1935, où je suis demeuré jusqu'en 1959.  J'ai résidé ensuite à Sherbrooke, Montmagny et, depuis quelques années déjà, j'habite la grande région de Montréal, à Beloeil plus exactement.

L'année 1997 a été une année très particulière pour moi.  Elle a marqué le 50e anniversaire de ma rencontre avec le Seigneur Jésus-Christ, lorsque je L'ai reçu comme mon Sauveur personnel.  Je suis marié depuis le 14 septembre 1957 et père de trois enfants, dont une fille qui est décédée depuis 1987, rejoignant ainsi son Sauveur.

Enfant, j'étais trapéziste et intrépide.  J'avais l'habitude de courir sur un rail de chemin de fer et je m'entraînais dans le but de faire des spectacles.  Bien que jeune, je n'étais toutefois pas insouciant face aux grandes questions de la vie ;  je cherchais à connaître Dieu.  Mon but :  je voulais devenir un saint, tout comme mon nom l'indique !  J'étais Croisé et je pratiquais ma religion avec beaucoup de coeur ;  je voulais plaire à Dieu.

La première fois que j'ai prié, c'était à l'hôpital Sainte-Justine de Montréal, lors d'un séjour de trois mois.  J'avais la poitrine complètement dans le plâtre.  J'étais séparé de mes parents et très malheureux.  Couché toute la journée, je n'avais pour loisir que de regarder, par la fenêtre, les étincelles produites par le croisement des tramways.

alors que je n'avais que cinq ans, Un jour,  j'ai levé les yeux au ciel et j'ai demandé à Dieu de se révéler dans ma vie.  Mais, revenu chez moi, j'ai repris les habitudes du foyer, dont la récitation du chapelet qui était prononcée à la radio.  À cette époque, la radio rendait aussi les procès des criminels de guerre.  Je voyais alors le mal dans le monde, et les contradictions entre l'enseignement religieux que je recevais et la mise en pratique douteuse de la part des gens en général.  L'injustice me bouleversait aussi beaucoup.

Un jour de l'hiver de 1947, alors que je n'avais que onze ans, un homme est venu frapper à la porte de la maison familiale.  C'était un homme très grand avec un accent français.  Un marseillais qui avait grandi à New York et qui avait à coeur le Québec parce qu'il connaissait bien la langue d'ici.  Il voulait annoncer l'Évangile et donner son témoignage.

Quelque temps auparavant, mon père avait fait venir un Nouveau Testament qui avait été offert gratuitement par une assemblée chrétienne de l'Ontario.  Homme dur, porté sur l'alcool et grand blasphémateur, il avait toutefois une certaine conscience de sa perdition.  Il lisait la Bible, mais « en cachette ».  Il la tenait hors de portée de sa femme et de ses six enfants.  La lecture de la Bible était interdite à cette époque.

L'étranger à la porte venait donc s'assurer que le Nouveau Testament était bien parvenu au demandeur.  Mais la présence de ce missionnaire inquiétait un peu mon père, car il craignait qu'il fasse parti d'une secte ou d'une religion quelconque.  Toutefois, il laissa entrer le visiteur parce qu'il parlait comme Fernandel, dont il était un grand admirateur.

Son accent très prononcé faisait que ses paroles n'étaient pas toujours bien comprises, sauf une phrase qu'il répétait souvent :  « Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Dieu qui le dit. »  Cette parole avait suscité beaucoup d'intérêt dans le coeur de mon père, et il avait toujours hâte à la prochaine visite du missionnaire pour savoir ce que Dieu lui avait dit.  L'homme citait continuellement le Nouveau Testament.

Notre maison était la 86e et dernière de la région à être visitée. Toutes les autres avaient refusé l'accès au missionnaire.  Ma mère a été la première à comprendre le message de l'Évangile et à l'accepter.  Mon père était insulté d'un tel déroulement, en partie à cause des moeurs de l'époque qui voulaient que l'homme domine à tout point de vue.  Malgré cela, il poursuivait sa lecture en secret.

UnE journée que j'étais seul à la maison, j'ai pris le Nouveau Testament de mon père et j'en ai commencé la lecture, particulièrement tout ce que mon père avait souligné :  près de 300 passages qui m'avaient beaucoup parlé.

Ma lecture était comme un marteau qui frappait sur moi.  J'avais appris que Dieu pesait dans une balance mes bonnes et mes mauvaises oeuvres.  Mais là, je me rendais compte que j'étais pécheur et complètement perdu !  Je me suis alors arrêté sur le verset suivant :  « Celui qui croit en Lui (Jésus) n'est point jugé ;  mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. » (Jean 3.18)

pourtant J'avais  toujours dit que je croyais en Jésus, mais je n'avais pas l'assurance d'être pardonné.  J'ai poursuivi ma lecture jusqu'au verset 36 du même chapitre :  « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ;  celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »  Le temps du verbe avoir :  « il A la vie éternelle » m'a convaincu du salut en Jésus-Christ.

de tout mon coeur J'ai cru et je savais que le fardeau qui me condamnait, comme un poids énorme suspendu au-dessus de ma tête, avait été enlevé.

par la suite J'ai  décidé de n'en parler à personne.  Je voulais garder cela pour moi tout seul.  Le soir, alors que tous les membres de ma famille étaient assis chacun dans sa chaise berçante, le missionnaire est venu à nouveau frapper à la porte.  Alors qu'il nous exposait les Écritures, ses yeux s'arrêtaient toujours sur moi.  À un moment donné, il m'a demandé :  « Fernand, que s'est-il passé aujourd'hui ? »

Moi qui avais pourtant promis à Dieu de ne pas en parler, voilà que je devais déjà le faire.  J'ai alors rendu témoignage de ma conversion.  L'homme à l'accent français invita par la suite toute la famille à se mettre à genoux afin de bénir Dieu pour la petite pierre qui venait de s'ajouter à l'Église spirituelle de Jésus-Christ.  C'était le 10 avril 1947, et depuis ce jour jusqu'à aujourd'hui, par la grâce de Dieu, je consacre ma vie au Seigneur en rendant témoignage de ce que Dieu a accompli pour vous et moi.

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