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 Ce soir là, le prédicateur avait pris pour thème: « Pierre tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église » Il nous demanda ? « Est-ce possible que Dieu bâtisse son Église sur un homme pécheur ? » À l'école, on m'avait appris que ce verset voulait dire que Pierre était le fondement de l'Église, et qu'il était le premier Pape. Mais, le prédicateur prenant l'exemple de l'appel d'Abraham, nous a démontré que cet homme, Abraham, avait été choisi de Dieu et pourtant, lui un homme de foi, avait été coupable de mensonge. Ensuite, il nous a parlé de David, un autre homme de Dieu, et pourtant, il avait été adultère et meurtrier. Est-ce possible que le Dieu trois fois Saint puisse bâtir son Église sur de tels hommes ? Finalement, il a ouvert la Bible dans l'Évangile selon Saint Luc, chapitre 5, où il est question de la pêche miraculeuse. Pierre se jeta à genoux devant Jésus et il dit : « Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. » Luc.5.8

Là mes yeux se sont ouverts et j'ai compris que Pierre et les autres hommes de Dieu étaient tous des pécheurs tels que je l'étais moi-même. Ensuite, le prédicateur nous a montré très clairement que la vraie pierre était nulle autre que le Seigneur Jésus Lui-Même, et que sa Parole était le Rocher le plus solide sur lequel son Église est bâtit. Lorsque l'Apôtre Pierre dit au Seigneur Jésus : «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », Jésus reprenant la parole, lui dit : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu16.17) J'ai compris, ce soir-là, que le seul homme qui est passé sur cette terre sans pécher, c’était le Seigneur Jésus-Christ, et qu'il n'y en a jamais eu d'autre. C'est aussi pour cela qu'il est écrit : « Qu'Il peut sauver parfaitement tous ceux qui s'approchent de Dieu par Lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » (Hébreux 7.25) Ce soir-là, j'ai été invité à m'approcher de Dieu par Jésus-Christ, et j'ai répondu à son appel. J'ai accepté cette merveilleuse promesse qui dit : « Je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. » (Jean 10.28) Imaginez la joie que j'ai éprouvée en entendant un tel message. J'étais maintenant certain d'avoir la vie éternelle, moi qui depuis quatre ans, vivais sans Dieu et sans espérance, toujours dans la crainte de la mort et du jugement.

C'est comme si j'étais sorti de l'enfer pour tomber dans le ciel. Ce soir-là, je devais aller travailler après la réunion, mais, comme je savais que tous mes amis étaient dans une assemblée politique, et que mon désir était de crier mon bonheur que j’avais la vie éternelle et que j’étais sauvé, je suis allé les rejoindre pour leur dire ce que je venais d’expérimenter. Comme de raison, je ne connaissais pas grand-chose dans la Bible, mais je pouvais leur dire que j'étais sauvé et que je n'avais plus peur de la mort. La première fois que le missionnaire m'avait visité, il m'avait lu cette promesse : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma Parole et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. »  (Jean5.24) Il est impossible, que le Fils de Dieu, qui est venu ici-bas pour une mission d'amour, puisse faire de telles promesses et nous mentir. C'est en croyant à de telles promesses que l'on reçoit le Saint-Esprit. Le Seigneur Jésus a dit : « Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein. » Il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui. (Jean 7.38)

En recevant le Seigneur Jésus par la foi nous devenons le temple du Saint Esprit, et c'est alors qu'IL peut se servir de nous comme un instrument de sa grâce, pour convaincre le monde (Jean 16.8) ; et c'est pourquoi, le Seigneur Jésus après sa résurrection, a commandé à ses disciples d'aller annoncer la Bonne Nouvelle à toute la création, et il promet : «  Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. » (Marc 16.15-16) J'ai eu la joie de voir venir à la connaissance de la vérité, ma femme, trois de mes frères et plusieurs de mes amis et le 14 mai 1948 nous avons été baptisés tous ensemble, et le Nom du Seigneur Jésus-Christ a été exalté ! Trois ans plus tard, j'ai perdu mon commerce et tout ce que je possédais et je me demandais si j'étais vraiment dans la bonne voie, car il me semblait que le Seigneur m'abandonnait. Mais par la grâce de Dieu et selon sa promesse : « Que personne ne nous ravirait de sa main », j'ai continué à invoquer le Seigneur et j'ai vu qu'il était écrit : « Que nous serons attristés pour un peu de temps par diverses épreuves. » (1Pierre1.6) C'est par ces épreuves que notre foi est affermie.

Les frères de l'Assemblée chrétienne de Cap-de-la-Madeleine, ayant reconnu que Dieu m'avait doué du don d'évangéliste, me donnèrent la main d'association pour aller à La Tuque, afin d’aider quelques chrétiens là-bas. C'est donc à l'automne 1950 que je suis déménagé avec ma famille à La Tuque. Les quatre ans passés à La Tuque, ont été pour moi une école merveilleuse mais très difficile. J'avais comme professeur le Saint-Esprit, mais j'ai aussi appris plusieurs leçons par mes erreurs. Le Seigneur a souvent mis ma foi à l'épreuve. Nous demeurions à trois milles de la ville et un autobus s’arrêtait pour prendre nos enfants pour les conduire à l'école. Un matin mon épouse était grandement bouleversée, car elle n'avait que quelques tranches de pain et de la mélasse pour faire le lunch des enfants pour le midi, et elle semblait vraiment découragée. Pour moi il ne fallait pas qu'elle voit que ma foi chancelait, car cela aurait été une catastrophe. Je m'efforçais de la réconforter en lui disant que c'est impossible que le Seigneur manque à ses promesses mais qu'Il va sûrement nous secourir de quelque manière que ce soit.

Je suis allé dans mon bureau qui était juste assez grand pour le Seigneur et pour moi, et j'ai ouvert ma Bible machinalement dans le chapitre 15 de l'Évangile de Jean. Au verset 7, j’y lus : « Si vous demeurez en moi, et que mes Paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » C’est comme si c'était la première fois que je lisais ces lignes. Le coeur gonflé, je me suis mis à genoux et j'ai dit : « Seigneur, j'ai rempli cette condition et maintenant c'est à Toi d'accomplir Ta promesse. Je ne demande rien pour moi-même, mais pour ma femme et mes enfants, je te prie de nous secourir. Tu vois jusqu'à quel point mon épouse est bouleversée. Tu m'as montré Seigneur que c'est par ta volonté que nous sommes ici et à cause des âmes que tu as sauvées par mon ministère. Seigneur, fais quelque chose ! » Je suis sorti de mon bureau, et c'est comme si le Seigneur avait déjà répondu à ma prière. J'ai pris ma femme dans mes bras en lui disant ; « il ne faut pas s'inquiéter » et je m'efforçai de l'apaiser avec toute l'affection possible. Mais elle me dit : « c'est bien beau tout cela, mais qu'allons-nous manger pour dîner ? Je voulais faire des frites, mais je n'ai ni huile ni graisse ! » Alors je lui ai dit : « Je pense que tu pourrais faire un spaghetti », et elle de me répondre : « Je n'ai plus de spaghetti ! » Je lui ai dit : « J'ai 0,40 $ pour des oeufs... » J’ai donc traversé la rue pour aller au restaurant de Mme Loyer, une chrétienne qui aimait beaucoup son Sauveur et je lui ai demandé des oeufs.

Tout en mettant mes oeufs dans un sac, elle se mit à me raconter que la veille , deux hommes de chantier avait pris un lunch là, et elle leur avait parlé de l'Évangile ; mais pour moi ce qui m'intéressait le plus c'était mes oeufs. Elle met mon sac sur le comptoir et je lui glisse mes 0,40 $ ; elle me dit : « Gardez ça et j'ai autre chose pour vous. Elle m'apporte tout ce que j'avais fait mention et beaucoup plus, et quand je suis rentré à la maison, ma femme me dit : « Tu es allé te plaindre à Mme loyer ? » J'ai répondu : « Non ma femme, mais je lui ai raconté ma rencontre avec le Seigneur et la belle promesse qu'il y a dans Jean 15.7, et il est fidèle. Cette épreuve fut pour nous deux une très grande bénédiction. Par la grâce de Dieu, une Église a été fondée à la Tuque. Elle existe toujours et elle est bien vivante. J'ai le plaisir de voir la troisième génération de chrétiens qui ont été convertis en entendant l'Évangile.

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